Le réseau français, qui comprend 8500 kilomètres de voies navigables, est formé autour de cinq bassins fluviaux à grand gabarit reliés entre-eux : le Rhin, la Moselle, le Rhône, Le Nord Pas de Calais et le bassin Seine-Oise.
La navigation en continu permet de densifier les flux et d'assurer une ponctualité que n'offrent pas les autres modes de transport – routier et ferroviaire. Le transport fluvial est également synonyme de sécurité et de coûts avantageux : il assure le transport de gros tonnages tout en consommant peu d'énergie.
Il apparaît donc comme une solution efficace pour lutter contre les problèmes de congestion dont souffrent les axes routiers, et parfois ferroviaires. Outre le fait qu'il respecte l'environnement (consommation en énergie, pollution, nuisances sonores, accidents...), le réseau fluvial offre de réelles réserves de capacité.
En dépit de ces nombreux avantages, le transport fluvial occupe néanmoins une place de second plan par rapport au transport routier et ferroviaire. Le réseau de voies navigables est inégalement réparti sur le territoire national et son champ d'action s'en voit ainsi limité. Seuls six pays sur les quinze de l'Union Européenne disposent d'un réseau de navigation fluviale (Pays-Bas, Belgique, France, Luxembourg, Allemagne et Autriche).
Il est question d'assurer le report de 25% du transport routier vers des modes de transport moins énergivores d'ici l'horizon 2012. C'est notamment pour répondre à cet objectif fixé dans le cadre du Grenelle de l'Environnement que devrait être mis en service le Canal Seine-Nord Europe en 2016 ; il assurera la connexion du bassin de la Seine au réseau fluvial européen.
« Parmi tout ce qui se transporte en France, la voie d’eau n’achemine que 5 %, le rail moins de 10 % et la route tout le reste. Ce chiffre infime pour la voie d’eau est le résultat d’un long déclin. Or comparée au rail et à la route, la voie d’eau est incomparablement moins chère et plus écologique », déclare Michel Rocard.